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Par Maha, vendredi 9 octobre 2009 à 16:46 - Riads au Maroc - #121 - rss

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Le Maroc, d’un mode de vie traditionnel à des habitudes modernes
Pendant des décennies, la vie des marocains était rythmée par la Palmeraie de Marrakech, immense étendue verte de plus de 10000 arbres répartie sur 13000 hectares de terre. Ce magnifique jardin potager, servait en grande partie à la culture, mais aussi à l’artisanat puisque les fibres de palmier dattier, que l’on y cultive encore aujourd’hui, servaient à faire des cordes. Puisque le pays vivait en autarcie, la palmeraie permettait d’alimenter non seulement Marrakech, ville elle est situé, mais aussi plusieurs autre ville du royaume. Le système d’aspersion, les khéttaras, étant traditionnel, les propriétaires fonciers devaient faire appel à une main d’œuvre paysanne pour l’entretien de leurs cultures.
En effet, le travail obstiné des paysans a permis de façonner et de conserver grâce, à cette technique, la vie de cette réserve écologique. C’est donc par leur effort soutenus qu’a été modelé ce trésor dont Mohammed El Faïz disait qu’il était un « réservoir dans lequel une population a puisé les symboles de son enracinement, […] » Ce domaine ainsi aménagé par les cultivateurs leur permit de vivre tout en leur fournissant un lieu de loisir et de promenade, et la liesse journalière nous est représentée aujourd’hui encore sous le nom de bahja. Les habitants associaient donc leur foyer à la culture du palmier dattier qui permettait d’autre sous cultures.
Mais de nos jours, les liens qui unissaient les paysans et la palmeraie ont évolué avec le temps pour être aujourd’hui moins présents. L’urbanisation et les nouvelles technologies ont mis quelques peu à mal cette organisation vivrière. En effet, si les propriétaires des quartiers bourgeois faisaient appel aux paysans pour l’irrigation, depuis 1958, où le pompage a été permis dans la palmeraie, ils ont pu se passer de cette main d’œuvre locale et traditionnelle. De plus l’urbanisation de la palmeraie par le biais du tourisme et l’avènement des vergers commerciaux a conduit ces populations à migrer les bidonvilles, la zone industrielle ou vers le Gueliz, L’urbanisation a commencé, après le protectorat français de 1012 à 1956, dans le Gueliz et dans la médina avant de s’étendre, en 1973, à la palmeraie avec la construction d’un complexe hôtelier dans Semlalia, marquant ainsi un tournant économique radical.
Pourtant c’est l’Etat lui-même qui va ouvrir la porte de la palmeraie aux investisseurs étrangers, en 1958, avec de nombreux avantages fiscaux ; c’est d’ailleurs à partir de là que le visage et le statut social de cet immense jardins vont changer avec l’essor des hôtels de luxe et autres complexes touristiques avec leur personnel en laissant sur la touche les paysans. Ces édifices se voulant fermés, ils ont été bâtis en regardant l’intérieur de la palmeraie à l’opposée des constructions antérieures. D’aucun ont même supposé que « l’urbanisation croissante de […] la palmeraie » aurait chassé les cultivateurs en les spoliant de leurs revenus économiques ainsi que de leur repères paysagers. Mais d’autres facteurs comme la diversité de richesse, la désuétude de certaines coutumes d’entretien des cultures, l’innovation dans ce domaine, ou l’évolution des habitudes alimentaires ont également contribué au changement de vie au sein de la palmeraie.