Netlinking : définition, stratégie et liens achetés selon Google
Par Bastien PériéPublié le Lecture : 12 min

Si on vous a déjà proposé « des liens pour monter dans Google », vous avez croisé le netlinking : obtenir des liens depuis d’autres sites vers le vôtre. Sur ce marché, les étiquettes vont de 1 € (le plancher annoncé par Linkavista) à environ 1 200 € (une opération sur un grand média, chez Develink), d’après mes relevés du 25 octobre 2026.
Ces prix paient un emplacement, pas un résultat. Je n’ai trouvé aucun test publié qui mesure l’effet de liens ACHETÉS. Et Google, lui, juge le but du lien, pas le fait de payer.
Le netlinking, c’est quoi ? Aller chercher des liens vers son site
Un lien entrant, ou backlink, est un lien posé sur le site d’un autre et qui mène chez vous. Son texte cliquable s’appelle l’ancre, et chaque site différent qui vous cite est un domaine référent. Le netlinking (de l’anglais « link », lien) regroupe tout ce qu’on fait pour en obtenir.
J’ai cherché une définition chez Google, sans en trouver : dans les pages que j’ai lues, il parle de liens, jamais de netlinking. Les premiers résultats que j’ai lus viennent surtout de gens qui vendent du lien ou de quoi le mesurer. Ce blog ne vend ni l’un ni l’autre.
Les liens comptent encore, mais Google ne dit pas combien
Ce n’est pas du folklore. Dans son guide des systèmes de classement (mis à jour le 18 décembre 2025), Google écrit que PageRank, son calcul historique fondé sur les liens, « est l’un des principaux systèmes de classement utilisés par Google depuis son lancement ». Les liens servent aussi à découvrir les pages, et être cité par des sites reconnus est, selon Google, généralement un bon signe de fiabilité.
Mais Google ne publie ni pondération ni nombre de liens à viser, et son guide de démarrage rappelle que la recherche « ne se limite pas aux liens ». Sauf que les vendeurs de liens adorent les pourcentages. Demandez-leur la source : chez Google, je n’en ai pas trouvé.
Vous verrez aussi Penguin (l’ancien système de Google contre le spam de liens) présenté comme un filtre actif sur certaines pages. Google, lui, le range parmi ses systèmes obsolètes : il a été intégré aux systèmes principaux en 2016.
Acheter un lien : Google juge le but, pas le paiement
Non, Google n’interdit pas d’acheter un lien. Il interdit de le faire pour manipuler le classement : ses règles sur le spam (page mise à jour le 31 août 2026) visent les liens créés « principalement dans le but de manipuler les classements dans les résultats de recherche ». Tout se joue sur ce BUT.
Concrètement :
| Situation | Ce que dit Google |
|---|---|
Vous payez un article sponsorisé, et le lien porte sponsored ou nofollow |
Pratique commerciale normale, tant que le lien est qualifié |
| Vous payez un lien ou un article pour gagner des places, sans étiquette (ancre optimisée sur votre mot-clé, par exemple) | Infraction : lien acheté à des fins de classement |
| Vous échangez un bien ou un service contre un lien, vous multipliez les échanges de liens, ou un outil automatique crée vos liens | Infraction : trois cas cités dans les exemples de liens toxiques |
Qualifier un lien, c’est glisser dans son code une étiquette invisible pour le lecteur : sponsored (lien payant) ou nofollow (ne pas suivre). Google préfère la première et accepte la seconde. Demandez-la avant de payer.
Reste la question qui fâche : que vaut un lien étiqueté ? Au départ, Google ne comptait aucun lien nofollow comme signal dans ses algorithmes. Un billet du 10 septembre 2019 a changé ça : les trois étiquettes (sponsored, ugc et nofollow) sont devenues des indications (des « hints », dit le billet), que Google combine à d’autres signaux. Pour les liens posés dans les commentaires et les forums, il ajoute que, dans la plupart des cas, rien ne change : il ne les compte généralement pas pour le classement. Pour sponsored, pas de phrase équivalente. Le billet exige seulement l’étiquette sur tout lien payant, et prévient qu’un lien étiqueté sponsored à tort risque, au pire, de ne pas compter comme un crédit pour la page visée. Ma lecture : le lien en règle est celui dont Google ne promet rien, et le lien qui promettrait des places est celui qu’il combat. Un joyeux bordel.
Ce que risque un site qui achète pour le classement
Google a deux façons de réagir. La première est automatique : le 14 décembre 2022, il a annoncé s’appuyer sur SpamBrain, son système de détection de spam fondé sur l’intelligence artificielle, pour neutraliser l’effet des liens non naturels et repérer les sites qui en achètent. Neutraliser n’est pas punir : le lien perd le crédit qu’il transmettait, et le classement peut bouger. Les mises à jour contre le spam qui ont suivi, jusqu’au 8 octobre 2026, ne sont pas nommées « link spam », et Google ne dit pas ce qu’elles changent pour les liens.
La seconde voie est humaine. Un examinateur de l’équipe Google peut décider d’une action manuelle, et l’achat de liens pour manipuler le classement figure parmi les causes citées.
Quelle probabilité d’y passer ? Google ne publie ni taux de sanction ni seuil de liens. Du coup, un risque chiffré par un vendeur ne vient pas de lui.
Tarifs du netlinking : de 1 € à 1 200 € selon mes relevés du 25 octobre 2026
Voici les prix affichés sur les pages publiques de plusieurs plateformes et d’une agence. Aucune plateforme ne date ses tarifs : la date est celle de mon relevé. Quand une page ne précise pas « HT » (hors taxes), je ne le précise pas non plus. Les notes qui reviennent dans ces offres sont inventées par des outils, pas par Google : le Domain Rating (DR) d’Ahrefs, la Domain Authority (DA) de Moz et le Trust Flow (TF) de Majestic.
| Qui | Ce que la page affiche |
|---|---|
| Linkuma (plateforme) | Un article avec lien : 7 € HT (600 mots), 10 € HT (800 mots, sites thématiques), 30 € HT (1 000 mots, sites mieux fournis en liens) |
| Boosterlink (plateforme) | Backlink standard « entre 20 € et 50 € », rédaction comprise (lien seul : 20 € HT). Spots premium : plusieurs centaines d’euros |
| Develink (plateforme) | « Prix de vente moyen » de 80 € pour un site DR 30 et un « trafic de 2 000 » (sans unité), rédaction comprise. Environ 500 € HT pour une « co-citation » sur un grand média (le terme est de Develink), environ 1 200 € pour une opération dédiée |
| Linkavista (plateforme) | « À partir de 1 € » (oui, un euro, tu as bien lu), jusqu’à plusieurs centaines d’euros pour les sites premium, prix fixés par les éditeurs des sites |
| Web’up (agence) | « un backlink démarre à 100 € pièce », sur des sites au DA et au TF supérieurs à 25 (article du 25 juin 2026) |
Getfluence, Paper Club et RocketLinks n’affichent pas de prix sur les pages que j’ai lues. Develink, dans sa page prestations du 11 septembre 2026, place les blogs spécialisés entre 200 et 900 € et les médias de haute autorité entre 900 et 2 500 €, « souvent bien au-delà », sans dire d’où viennent ces repères.
Et le prix du marché ? La même page de Develink avance un « tarif médian du marché français » « autour de 360 € », sans méthode ni source. Retenez surtout ceci : ces montants paient un emplacement, un article publié chez un tiers. Les pages relevées ne chiffrent pas ce que le lien rapporte.
Ce que valent vraiment les liens achetés : ce qu’on sait, et ce qu’on ignore
J’ai retenu un test de retrait de liens (Ahrefs) et une étude de corrélation (Backlinko), signés d’éditeurs d’outils qui vendent de quoi mesurer les liens (ce n’est pas un reproche, c’est un contexte). Aucun ne parle pour Google, aucun ne porte sur des liens achetés.
Le test date de 2021. Ahrefs a demandé à Google d’ignorer pendant quatre semaines 3 476 liens vers trois de ses articles (c’est un « désaveu »). Son trafic estimé a baissé d’environ 18 % sur une page et de 13,3 % sur une autre. Après le retrait du désaveu, la seconde est revenue à 99 % de son niveau d’origine. L’auteur en conclut que les liens comptent encore, tout en avançant d’autres causes pour les pages restées plus bas. Bilan : trois pages, du trafic estimé, des liens retirés et non achetés. Le test dit quelque chose des liens existants, rien de l’effet d’un achat.
Côté corrélations, un chiffre circule partout. Backlinko, sur 11,8 millions de résultats Google, trouve au premier résultat en moyenne 3,8 fois plus de liens qu’aux positions 2 à 10 (page mise à jour en avril 2025, année des données non indiquée).
Mon avis : un lien est un signal parmi d’autres, dont les sources publiques ne disent pas le poids. Quand un vendeur vous garantit un résultat, il vous vend une certitude qu’elles ne donnent pas.
Comment faire du netlinking sans gros budget : ma stratégie
Ce qui suit est un avis de praticien, pas une règle de Google.
D’abord, soignez la maison. Un lien vers une page que Google ne peut pas lire ne sert à rien. Les bases (pages indexables, liens internes, titres) se règlent avant de chercher des liens dehors, et je les ai détaillées dans mon article sur le référencement naturel.
À découvrirRéférencement naturel en 2026 : les techniques qui comptent vraimentEnsuite, regardez les liens que vous avez déjà : la Search Console permet d’exporter la liste des sites qui pointent vers le vôtre. Vous y trouverez peut-être des liens que vous n’avez pas demandés.
Puis posez-vous une question de bon sens : ce lien servirait-il un lecteur si Google n’existait pas ? Un partenaire local qui vous recommande, un article de presse qui vous cite : oui. Un article sponsorisé sans rapport avec votre métier, posé là pour son ancre : non. Google, lui, écrit que les liens vers un site se forment naturellement au fil du temps. C’est plus lent qu’un virement, mais c’est la voie qui vous évitera d’expliquer une action manuelle à votre associé.
Si vous achetez quand même, étiquetez le lien en sponsored et gardez en tête que vous payez un emplacement. Méfiez-vous du prestataire qui vous demande un lien vers son propre site ou vante les échanges de liens : Google range ces deux comportements parmi ses mises en garde (page « Avez-vous besoin d’un référenceur ? », mise à jour le 9 juin 2026).
Perso, je mettrais mon premier euro dans une page que d’autres ont envie de citer, pas dans un emplacement.
Bref, ouvrez la Search Console ce soir et exportez la liste des sites qui pointent vers le vôtre : c’est gratuit, et ça vous évitera de payer pour un lien que vous avez déjà.
Quiz vrai / faux
Vrai ou faux : quatre idées reçues sur les liens achetés
Question 1 / 4
Google interdit d'acheter des liens, quelle que soit la raison.
Google range les liens achetés pour le classement parmi les liens toxiques. Mais il écrit que l'achat et la vente de liens à des fins publicitaires et de sponsoring sont des pratiques commerciales normales, tant que les liens sont qualifiés sponsored ou nofollow.
Question 2 / 4
Les sites les mieux classés ont plus de liens : c'est la preuve que les liens font monter.
Backlinko relève 3,8 fois plus de liens pour le premier résultat que pour les positions 2 à 10. C'est une corrélation, et l'étude le dit. Une page très visible attire aussi des liens : le sens de la flèche n'est pas dans les données.
Question 3 / 4
Un site qui achète des liens sera forcément sanctionné par Google.
Google décrit deux réactions : la neutralisation automatique des liens non naturels (annoncée en décembre 2022) et l'action manuelle décidée par un examinateur. Il ne publie ni taux de sanction ni seuil de liens.
Question 4 / 4
Le prix d'un lien indique ce qu'il rapporte en classement.
Sur les pages relevées le 25 octobre 2026, le prix paie un emplacement : un article publié sur un site tiers. Aucune de ces pages ne chiffre un gain de classement, et je n'ai trouvé aucun test publié sur l'effet de liens achetés.
Questions fréquentes
- Faut-il désavouer ses mauvais liens ?
- Rarement. Google écrit que l'outil de désaveu « n'a pas d'utilité pour la majorité des sites » et que, dans la plupart des cas, il sait évaluer seul les liens dignes de confiance. Il le réserve aux sites qui reçoivent un volume important de liens artificiels ayant causé, ou risquant de causer, une action manuelle.
- Combien de liens faut-il obtenir par mois ?
- Google ne publie aucun nombre de liens à viser, ni aucune pondération des liens dans son classement. Les chiffres que j'ai croisés viennent de prestataires qui vendent du netlinking, sans méthode publiée. Un lien utile à un lecteur vaut mieux qu'un quota : c'est un avis, pas une règle de Google.
- Comment savoir si mon site a une action manuelle, et en sortir ?
- Google prévient dans le rapport Actions manuelles et dans le centre de messagerie de la Search Console. Pour des liens artificiels, il demande de faire retirer les liens, de ne désavouer que ceux qui restent, puis de demander un réexamen. La réponse peut prendre plusieurs jours, voire plusieurs semaines, et davantage pour les liens.
- Netlinking et maillage interne : quelle différence ?
- Le netlinking cherche des liens venus d'autres sites vers le vôtre. Le maillage interne relie entre elles les pages de votre propre site. Le premier dépend de la décision d'un tiers, le second se règle chez vous. Ce sont deux chantiers distincts, avec leurs propres règles.
- Quand Google a-t-il lancé ses dernières mises à jour contre le spam ?
- D'après le Search Status Dashboard (le tableau de bord public de Google sur l'état de sa recherche) : le 5 mars, le 20 juin et le 19 décembre 2024, le 26 août 2025, le 24 mars, le 24 juin et le 18 août 2026, puis du 24 septembre au 8 octobre 2026. Dans cet historique, seule la mise à jour de décembre 2022 porte « link spam » dans son nom. Google ne dit pas ce que les autres changent pour les liens.
Sources
- 1Google Search Central
- Règles concernant le spam dans la recherche Google
- Qualifier vos liens sortants pour Google
- Evolving nofollow: new ways to identify the nature of links
- December 2022 link spam update
- Guide des systèmes de classement de Google Search
- Guide de démarrage d'optimisation pour les moteurs de recherche (SEO)
- Avez-vous besoin d'un référenceur ?
- Comment la recherche Google classe les résultats (How Search works)
- 2Aide de la Search Console
- 3Search Status Dashboard (Google)
- 4Ahrefs (étude d'éditeur d'outil, non primaire)
- 5Backlinko (étude d'éditeur d'outil, non primaire)
- 6Linkuma (tarifs relevés le 25 octobre 2026)
- 7Boosterlink (tarifs relevés le 25 octobre 2026)
- 8Develink (tarifs relevés le 25 octobre 2026)
- 9Linkavista (tarifs relevés le 25 octobre 2026)
- 10Web'up (tarif relevé le 25 octobre 2026)